Edito
Part 1

Les jeux de plates-formes - Part 2

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ANNEXE 1 : LE BEST-OF DE POLYGON

1. YOSHI'S ISLAND (SNIN, 95)

Juin 95. Alors que les 32 bits commencent à focaliser l'attention, Nintendo prend tout le monde par surprise en annonçant la sortie de la suite de Mario World pour la fin de l'été au Japon. Fait rarissime, le jeu a été dévoilé très peu de temps avant sa mise en vente, alors que sa gestation a duré près de quatre longues années. La richesse du soft est largement à la hauteur de l'attente : très vastes, les 48 niveaux comportent à eux seuls, et sans exagérer, davantage d'idées de gameplay que tous les jeux de plates-formes de l'histoire réunis.

Yoshi's Island

Se déroulant avant le premier épisode de la série, Yoshi's Island commence quand bébé Mario s'échoue sur l'île des yoshi, après que la cigogne qui devait l'emmener chez ses parents a été agressée par un homme de main du vilain Koopa. Le traitement esthétique de Yoshi's island est parfaitement adapté à cette histoire narrée comme un conte illustré : le graphisme enfantin, original et plein de charme, est magnifique de naïveté et de poésie -les décors, aux couleurs douces et harmonieuses, semblent avoir été dessinés au crayon.

Mais Yoshi's Island est surtout un jeu d'une étonnante variété. Yoshi dispose de cinq transformations drolatiques. Les six mondes sont habités par 130 ennemis différents, dont certains n'apparaissent qu'une seule fois ! L'implantation, dans la cartouche, du Super FX 2, un processeur dédié à la 3D, autorise des effets spéciaux renversants : pans de murs qui s'effondrent en perspective, plates-formes en relief, créatures gigantesques et transparentes qui se déforment, distorsion du décor tout entier quand Yoshi absorbe du coton hallucinogène, dernier boss titanesque qui s'approche lentement et dangereusement du premier plan en zoom...

L'humour, la densité et l'inventivité formelle de Yoshi's Island en font le plus grand chef-d'oeuvre de Miyamoto, un jeu aux qualités miraculeuses, quasiment insurpassables, qui constitue une source d'inspiration inextinguible pour les années à venir. La référence absolue du jeu de plates-formes.

2. DONKEY KONG 64 (N64, 99)

Au premier abord, Donkey Kong 64 déçoit par sa fadeur. Heureusement, elle se dissipe vite : DK 64 est bien le digne successeur -et même plus- des volets SNES. Démesurés et foisonnants, les huit mondes de DK 64 sont de deux à trois fois plus étendus que ceux de Banjo-Kazooie, pourtant déjà imposants. A cet égard, la fabuleuse fabrique de jouets, où se mêlent tonalités enfantines et ambiances mécaniques inquiétantes, est un modèle de construction. La complémentarité des cinq personnages disponibles fait que les niveaux ne dévoilent leur contenu que très progressivement. Il y a énormément à faire et à voir dans DK 64 : les multiples sous-quêtes, secrets et jeux bonus donnent aux parties un rythme soutenu qui évite toute lassitude. Proposant, de surcroît, un mode deathmatch proche par sa qualité de celui de GoldenEye, DK64 est fun, équilibré et très solidement réalisé. Un jeu-somme.

3. SUPER MARIO ALL STARS (SNIN, 93)

Cette monstrueuse compilation des quatre Super Mario de la NES est véritablement historique. Elle regroupe le premier Mario, le Mario 2 japonais (jamais sorti sous nos latitudes auparavant), le Mario 2 occidental (appelé Doki Doki Panic au Japon, il fut légèrement transformé par Nintendo of America pour devenir une aventure du plombier) et Super Mario 3, certainement le plus intéressant du lot -même si loin derrière Yoshi's Island. Soit une bonne centaine de niveaux de pure plate-forme, retravaillés grâce aux honorables capacités de la SNES : thèmes musicaux superbement remixés, graphismes plus denses et colorés. Fondamental, Mario All Stars montre à quel point l'apport des Mario a été déterminant dans la naissance et l'évolution des jeux de plates-formes. Suprêmement incontournable : un classique.

4. BANJO-KAZOOIE (N64, 98)

Véritable dessin animé interactif, drôle et fascinant jusqu'au moindre pixel, Banjo-Kazooie, sorti en 98, est une synthèse tout à fait prodigieuse de ce que les jeux de plates-formes peuvent offrir de mieux. C'est aussi un jeu immense, où surgissent d'authentiques instants de poésie: le cimetière et son ciel fantastique, le repère du morse, l'arbre géant qui évolue avec les saisons, l'intérieur du gros crustacé et ses dégradés pastel...

Banjo-Kazooie

Chaque polygone a été travaillé encore et encore avec un savoir-faire et un souci du détail remarquables, qui dénotent un réel respect du joueur. Un titre extrêmement abouti, moins riche que DK 64, mais paradoxalement plus inspiré esthétiquement malgré son âge.

5. SUPER MARIO 64 (N64, 96)

Sorti au Japon le même jour que la Nintendo 64, le 23 juin 96, Mario 64 a posé de nouveaux standards quant à la manière de développer un jeu en 3D. Avec son univers brillamment architecturé (les mystérieux sous-niveaux -la cité engloutie, le volcan...-, les parcours qui mènent à Bowser, ou le vertigineux monde aérien, relèvent du génie), ses graphismes d'une netteté et d'un flamboiement jusqu'alors inconnus, son système de caméras ajustables et sa jouabilité d'une précision absolue grâce au stick analogique de la N64, Mario 64 a bouleversé les jeux vidéo comme le premier Mario l'avait fait en son temps. S'il a vieilli depuis, dépassé par les jeux Rare, il n'en reste pas moins une date. On aime ou pas, mais force est de reconnaître que Nintendo a dessiné, avec Sega, les grands traits du visage que nous connaissons aujourd'hui aux jeux vidéo.

6. LA SERIE DES GOEMON

La série des Goemon Ganbarre (sur SNIN et N64) est sans doute la plus dépaysante qui soit. Dans un Japon moyenâgeux et enivrant, on y rencontre des robots géants, des villageois au sourire débile, des bestioles du folklore nippon, des mamies dont on peut voler l'argent... A deux joueurs, c'est irrésistible.

7. LA SERIE DES CASTLEVANIA

Avec son ambiance unique de chasse au vampire gothique et macabre, Castlevania est un vrai mythe qui a connu tous les supports, de la MS-X à la GB. Les versions 3D du jeu n'en ont malheureusement pas conservé la saveur. Restent les volets SNES et PS, sublimes et éternels chefs-d'oeuvre.

8. LA SERIE DES CONTRA

Fleurons des jeux de plates-formes/action, jouables à deux simultanément, les Contra sont l'incarnation pixélisée des films d'action primaires. C'est stupide, mais cela procure une phénoménale satisfaction. Sommets du genre, les stupéfiants volets SNIN et MD enchaînent les séquences monumentales.

9. LA SERIE DES PC KID

Bien avant les Earthworm Jim, les PC Kid ont fait régner l'humour déjanté dans les jeux vidéo.

PC Kid 2

Aves ses ennemis débiles, sa jouabilité parfaite, digne des meilleurs Nintendo, et son challenge de taille, PC Kid 2 s'est hissé dès sa sortie en 91 parmi les meilleurs jeux de cette console mythique qu'est la NEC. Culte.

10. LA SERIE DES MEGAMAN

Débutée sur NES en 87, la série des Megaman de Capcom a été très prolixe depuis. Les deux premiers épisodes ont beaucoup fait parler d'eux avec leur principe original : obtenir les pouvoirs d'un boss en l'anéantissant avec l'arme appropriée. Mais la série a malheureusement été incapable de se renouveler ensuite.

11. LA SERIE DES ALEX KIDD

Née sur la Master System de Sega, cette série très enlevée a proposé de nombreuses innovations : différents moyens de transport (dont l'inoubliable moto qui va à toute vitesse), possibilité d'acheter des objets, combats contre certains boss au "pierre-ciseau-papier" (ha ha !)... Drôlissime.

 

ANNEXE 2 : DES LICENCES PRESTIGIEUSES

Hormis quelques sociétés qui ont pu se payer des noms prestigieux, telle Infogrames, spécialisée dans les jeux inspirés de bandes dessinées (Spirou, Tintin, Lucky Luke, les Schtroumpfs, Asterix...) mais souvent inapte à conserver leur charme, ou Disney, qui transpose en pixels -parfois avec brio- ses héros maison (Aladdin, Hercule, Tarzan...), on constate sporadiquement que les héros des jeux de plates-formes échappent au contrôle de leur créateur. Lara Croft est sans conteste l'exemple le plus frappant, déclinée à toutes les sauces : pubs Seat, bientôt le cinéma, couvertures de Libération et VSD, et même sites pornographiques, rien ne lui est épargné. "Une consécration pour les uns, un enterrement de première classe pour les autres qui voient en la pulpeuse aventurière, une poupée de cire privée de son âme par une promotion maladroite", concluait récemment Gamespot Magazine. Le journal ne croit pas si bien dire lorsqu'il parle de poupée de cire, puisque Lara est rentrée au musée Grévin...

Mario Kart

Signalons également que des héros de jeux de plates-formes se permettent parfois une incursion dans d'autres genres. Ainsi, Diddy (le neveu de Donkey Kong) et Crash Bandicoot se sont mis au kart (respectivement Diddy Kong Racing, N64, 97 et Crash Team Racing, PS, 99), et Sonic s'est essayé au flipper (Sonic Spinball, MD, 93). Mais c'est surtout Mario qui a plus d'une corde à son arc, se déclinant dans tous les genres possibles et imaginables : la course de karts (Mario Kart, SNIN, 92 ; Mario Kart 64, N64, 96), le golf (Golf, GB, 89 ; Mario Golf, N64, 99), le jeu de société (Mario Party, N64, 99), les softs ludo-éducatifs (Mario Paint, SNIN, 93 ; Mario Artist, N64, 2000...), ou encore la baston (Smash Brothers, N64, 99). Pour ce dernier il a même convié d'autres héros cantonnés d'ordinaire à la plate-forme, comme Donkey Kong et Kirby. A quand Lara Croft Racing ou Mario Foot 2000 ?

Dossier écrit en octobre 2000 par Pierre Gaultier et Gersende Bollut. Cet article est originellement paru dans le N°2 du fanzine Polygon (février 2000).

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Plan de l'article

- Annexe 1 : le best-of de Polygon

- Annexe 2 : des licences prestigieuses

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Liens vers...

- une histoire de la série des Castlevania

- une histoire de la série des Megaman